Rien n’indique que des applications comme Signal et WhatsApp, qui utilisent le chiffrement de bout en bout, l’étalon-or de la sécurité des messageries, soient moins sûres que leurs alternatives. Cette évolution s’explique en grande partie par le besoin de fonctionnalités, telles que les contrôles d’accès, la possibilité de n’autoriser les discussions qu’entre des personnes spécifiques et le contrôle des métadonnées, qui indiquent où et quand les appels et les messages sont passés et envoyés.
L’utilisation d’applications grand public pour les grandes organisations est “vraiment une démarche risquée”, a alerté Benjamin Schilz, directeur général de Wire, une application de communication sécurisée utilisée par le gouvernement allemand. Elles ne sont “tout simplement pas faites pour”.
Certaines de ces fonctionnalités auraient permis de se défendre contre une récente opération d’espionnage russe menée via WhatsApp et Signal, a souligné Brandon De Waele. “Chez nous, comme il s’agit d’environnement fermé avec seulement des employés du gouvernement, on peut aussi éviter cela.”
Pour les défenseurs de la transparence, le passage à des applications contrôlées par l’Etat aurait dû être fait il y a longtemps. Les groupes de défense de la démocratie ont déploré que les communications chiffrées de bout en bout et les politiques de cybersécurité, telles que la disparition des messages sur les applications grand public, aient rendu plus opaques certaines décisions.
L’année dernière, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a fait l’objet d’une motion de censure (qui a finalement échoué) en partie sur la question de l’accès à des messages qu’elle a échangés — avant de conclure un accord de plusieurs milliards d’euros sur les vaccins — avec le patron de Pfizer, Albert Bourla, et qu’elle n’a pas divulgués.
Coup de pouce de Trump
Ceux qui travaillent avec les gouvernements européens sur des solutions internes ont remarqué un virage depuis que Donald Trump est revenu au pouvoir aux Etats-Unis début 2025.
